This article was published today in The Siren, a feminist magazine at UNC. Here is the initial version before the Siren’s edits.

Fall break in Haiti, summer in Kibera, spring break in Honduras. We privileged North American students love to go to developing countries. We love to dress in traditional garb and take pictures with innocent-looking children whose names we ignore. We blog about malaria, dirt, slums, sun, Africa as a country, and use words like “timeless,” “guerilla” and “tribal.” Upon our return home, our pictures with African children become prime Facebook profile picture material.

I may sound critical. I am, because I have been there too. I have some of these pictures, and I have used some of these words in my blog posts. To put it in the words of the writer of the famous Tumblr, Gurl Goes to Africa:

“You go to one of those fabulously elitist schools where everyone talks about privilege, classism, racism, sexism, etc. as if they don’t practice it in real life. But in order to really see the world, they decide to go somewhere where they can understand what their privilege looks like. So they choose AFRICA! Yay! A whole continent dedicated to helping white people understand what it means to be poor and undeveloped.”

Our American campuses encourage pseudo-humanitarism. Working in orphanages around the world is well regarded. After graduation, your summer in Uganda is a resume-builder that will touch your interviewer’s heart. Travelling and experiencing other cultures is necessary, but we need to do it with an open mind. We should reflect on the assumptions we make and observations we share about the people we meet. We cannot think that our presence will change anyone’s life, except perhaps our own.

The pictures you take and show people have meaning. No one wants to be photographed breastfeeding their child or pooping on the side of the road. Like everyone else, people living in developing countries, for lack of a better term, have pride and names, and want to be represented in their best light. Would we want an African child to take a picture of us when we are sweaty and dirty coming out of the gym? No.

Last fall Ian Birrell reported for The Guardian on the harm volunteers do abroad. Many unlicensed orphanages have sprung up, and most children in these are not orphans. Rather, they are left at the facilities by their parents in poor conditions to beg from tourists. Volunteers passing by cuddle with anonymous children and bring their pictures home and leave gifts and money. Volunteerism, according to Ian Birrell, is one of the fastest growing industries in Africa. He concludes that “the harsh truth is that ‘volunteerism’ is more about the self-fulfillment of westerners than the needs of developing nations. Perhaps this is unsurprising in a world in which Madonna thinks it is fine to take children from African families.”

Another tendency on our campus is the popularity of getting involved in “women empowerment projects”. Some of these projects involve giving lectures to women in English about female genital mutilations, domestic violence, sexual education or microfinance. But the reality is that, as 18- to 22-year-old privileged, often Caucasian, female college students, we have little to teach to anyone, especially not to accomplished women and mothers in African countries.  We, who have typically never given birth, have no real experience in microfinance, HIV/AIDS prevention, or ignore what managing a household entails, should probably stop perpetuating colonial patterns of “empowerment”. We have much to learn from these self-reliant women and should scratch out the term “empowerment” from our vocabulary. In Spanish, French, and many other languages, there is no word such as “empowerment”. Rather, these languages use the term “emancipation”, which entails finding strength within oneself, and overcoming barriers independently. This term is usually associated with the history of slavery in the United States, but perhaps it can also be used in different contexts. Empowerment means that one can give inner strength to someone else. It insinuates that the problem is not resources, colonialism, or corruption, rather it is the lack of resilience and motivation of these women. This notion of young American college students empowering African women is therefore abhorrent. Instead of participating in “empowerment” projects, we should work to bring down the barriers to their emancipation. Africans are kept poor and hungry by the international trade system, sick by pharmaceutical lobbies and servile by corporations. And often we may be more efficient working from our homes to unveil the systemic oppression of people in developing countries. Nevertheless, if we decide to go abroad, instead of calling these excursions “service trips”, “humanitarian work” or “development”, we should talk about cultural exchanges or international cooperation. Such terms imply that the visitor wants to learn from the host community, and receive- not just paint schools, dig wells, and blog about weird food and the keen African sense for rhythm and dance.

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Ces marabouts intemporels

by Laurence on 3 Jan, 2011

Je suis de retour au Mali, pour une courte visite. Cela fait déjà quelques mois que j’ai entamé la rédaction de ma thèse de baccalauréat sur la planification familiale au Mali. Je pensais, l’été dernier, écrire sur la situation de la planification familiale au Mali et au Sénégal, mais finalement j’ai décidé de me concentrer sur le Mali. Même si mon expérience au Sénégal fut enrichissante, je crois que l’analyse d’un seul pays me suffit.

Je suis au Mali en ce moment pour interviewer de nouveau des marabouts, afin de finir ma thèse. La médecine traditionnelle africaine et les croyances ancestrales et spirituelles du Mali me fascinent. Je ne peux cesser de m’y penser, de me poser des questions à ce sujet, mais chaque fois je me butte au même dilemme. Il existe deux mondes parallèles de la santé du mali : le « moderne », ou disons, celui d’inspiration occidentale, et le traditionnel, ou mystique. Le défi ultime est le suivant; je sais très bien que la majorité des femmes préfèrent aller chez le marabout et le guérisseur plutôt qu’en clinique, par mes entrevues de l’été dernier. J’ai déjà écrit longuement à ce sujet. Je commence à mieux connaître les pratiques des marabouts, leurs remèdes, leur approche. Mais est-ce que le monde de la médecine moderne, des organisations de développement international et de santé publique est réellement réconciliable avec le monde du mystique au Mali? Et si les organisations internationales tentaient de s’investir dans le domaine de la médecine traditionnelle et du spirituel, de former les marabouts et de leur fournir des médicaments occidentaux, la culture malienne ne risque-t-elle pas s’éroder, et les organismes d’assimiler les marabouts? Et même si le mystique au Mali m’obnubile, quand je vois de jeunes filles défigurées par des produits vendus par le marabout et des jeunes hommes appauvris, car ils ont tout dépensé pour des potions d’amour, je me demande s’il  faut vraiment préserver ces pratiques.

Je viens de finir la lecture d’un article de Dorothea E. Schultz qui traite de la spiritualité au Mali. Et comme moi, elle remarque bien qu’on fait maintenant face à un free-for-all religieux. Elle écrit qu’avec la récente démocratisation du Mali, le monde religieux suit le modèle de l’économie de marché. Dans une société appauvrie, en famine et en recherche d’identité, la demande pour des réponses, dont celles qui sont de nature religieuse, est grande. L’offre suit, et les réponses émergent de toutes parts : les marabouts, les guérisseurs, les tracts wahabbis importés de l’Arabie saoudite ou les nouveaux mouvements sufis charismatiques créés et soutenus par les nouveaux médias (petites radios locales, enregistrements sur cassettes audio, sites internet, etc.) tentent tous de dicter aux Maliens et Maliennes comment agir dans cette ère de liberté d’expression. Et il devient si difficile de catégoriser ou identifier ce que l’Islam est aujourd’hui au Mali.

Sans tenter de définir qui est marabout, guérisseur ou imam, fondamentalement, il faut chercher à comprendre pourquoi les femmes maliennes préfèrent aller chez le marabout plutôt qu’à la clinique. Au Mali, il n’existe pas de psychologues, ou s’il y en a, on peut les compter sur les doigts d’une main et ils ont été éduqués en Europe ou en Amérique. De plus, la médecine transactionnaire importée rebute donc les patients, mais surtout les patientes. En effet, pour elles, un mal relève d’un problème biologique, certes, mais souvent aussi d’un mauvais sors lancé vers elles, de problèmes conjugaux, de mauvais esprits, etc. Le marabout prend bien soin d’adresser toutes les facettes du problème pour la patiente. Normalement, il évalue le psychique, le religieux, le physique, l’environnemental, et le psychologique et redonne espoir à sa patiente en lui donnant un rituel auquel se rattacher. Par exemple, après la consultation, il peut lui offrir un encens à brûler et inhaler tous les soirs pour tomber enceinte, ou des herbes dans lesquelles se baigner pour ravoir son mari. L’antibiotique pendant 10 jours ne suffit simplement pas. À l’origine, ou avant la popularisation de la médecine occidentale dans les centres urbains du Mali, le marabout consultait les patients, et ne demandait pas de rémunération. Il était pris en charge par sa communauté pour ses services rendus. On lui bâtissait une hutte, on lui donnait des victuailles, et on lui offrait ses services. Mais avec l’urbanisation rapide du Mali, certains marabouts en ville m’expliquent que leurs patients peuvent payer selon leurs moyens, mais d’autres demandent des sommes exorbitantes compte tenu le salaire moyen d’à peine un dollar par jour du Malien.

Évidemment, certains marabouts sont de purs charlatans, ce qui complique mon travail d’entrevues. Qui suis-je pour faire le tri entre les « vrais » et les « faux » marabouts? En tant qu’Occidentale qui s’acclimate tout nouvellement à cette conception du monde, qui même varie de région en région, j’utilise mon discernement, mais l’étude est sans contredit subjective. Toutefois, qu’ils soient charlatans ou pas, si tant de femmes les consultent, je crois qu’il est impératif de leur porter attention à ces marabouts et de trouver une manière de rejoindre leurs patientes afin de mieux répondre à leurs besoins, qui pour l’instant passent sous le nez des programmes étatiques et internationaux. Même si cela risque d’éroder le monde du mystique au Mali, il faut probablement former les marabouts, et tout en leur donnant le droit de pratiquer leur médecine naturelle, s’assurer qu’ils savent où référer leurs patientes qui ont besoin davantage de conseils et qu’ils soient bien informés sur la biologie humaine. Une formation dédiée aux marabouts permettrait aussi de limiter les dégâts, et les traitements simplement dangereux. Et puis la médecine traditionnelle elle-même n’est pas statique. En effet comme elle a l’avantage de répondre aux besoins contemporains des Maliens, c’est qu’elle se transforme constamment, alors de nouvelles transformations ne seraient peut-être pas néfastes. Et dans ce free-for-all spirituel, de nombreux marabouts qui pratiquent depuis des décennies se plaignent des jeunes qui s’inventent marabouts au marché, cela leurs permettraient peut-être, à ces anciens et à ceux qui désirent vraiment répondre aux besoins de leurs patientes, de devenir certifiés, et de gagner la confiance de leur clientèle tout en faisant concurrence à ceux qu’ils pointent du doigt comme de faux marabouts.

Zeinab Hadari, une intellectuelle nigérienne que j’ai rencontrée l’automne dernier, a déclaré que l’émergence des marabouts et guérisseurs au Niger est en fait une conséquence de la mondialisation. En effet, souvent nous identifions ces représentants de la médecine traditionnelle et du savoir religieux à tort « au retard » des sociétés africaines qui n’ont pas encore adopté la médecine moderne. Mais en fait avec l’avènement des ajustements structurels de la Banque mondiale dès le milieu des années 80s et des compressions budgétaires draconiennes dans les secteurs publics des économies africaines que ces derniers ont engendrées, dont dans le secteur de la santé, la demande pour des services alternatifs de santé a monté en flèche. Le nombre de marabouts et les guérisseurs a augmenté massivement pour répondre à cette véritable demande. Finalement, ces marabouts seraient donc des êtres intemporels, produits d’un Mali ancestral, mais aussi d’un Mali mondialisé.

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A few hours with the change-makers

July 31, 2010

The mayor of Yeumble suggested I meet one of their groups at the neighborhood’s youth center called AVISES, which means “aware” in French. This is a group of girls from 13 to 21. These young women and teenagers started their own association. I was curious to meet them as most women groups I know often [...]

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Bamako-Dakar express

July 21, 2010

I got to Dakar from Bamako by bus. The bus is cheaper than flying, but this is not why I chose to travel by land. I decided to bus down to Dakar mainly because the physician I was working with in Bamako told me that on the road you get to look at the villages, [...]

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Marabout, marabout, ma-ra-bout-bout-bout, bout d’cigare…

July 18, 2010

Presqu’à chaque fois, les femmes me disent en entrevue qu’elles se rendent chez le marabout pour soigner leurs blessures, leurs ulcères d’estomac, jeter de mauvais sorts ou s’assurer de la fidélité de leur mari. Celles avec qui j’ai parlé dans les centres de santé sont celles qui refusent maintenant de faire appel aux marabouts, celles [...]

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“I don’t remember”

July 12, 2010

Conducting interviews is not as easy as I imagined. Even though women accept to participate in the interviews, they don’t usually give opinions. For example, if I ask them: – “Have you used the injection before?” (The most popular method of contraception here is the Depo-Provera which prevent unwanted pregnancies for three months) -”Yes” -”Were [...]

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The unique nobodies

July 7, 2010

Fleas dream of buying themselves a dog, and nobodies, dream of escaping poverty: that one magical day good luck will suddenly rain down on them–will rain down in buckets. But good luck doesn’t rain down yesterday, today, tomorrow, or ever. Good luck doesn’t even fall in a fine drizzle, no matter how hard the nobodies [...]

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Cultural conceptions of health and family planning

June 30, 2010

My family planning research is moving forward and always taking unexpected turns. During my first weeks in Mali, I had been developing the questionnaires with midwifes and doctors who work in the field of family planning in Bamako. I wanted to make sure the questions were written in a culturally sensitive way and that these [...]

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Le Mali aux mains de tous

June 30, 2010

Le landgrab libyen Le Mali est contrôlé par de nouvelles puissances. La Libye a la main sur le pétrole et les ressources du Mali. Les envoyés libyens mettent en place une réforme du secteur agricole malien, non pour soutenir la souveraineté alimentaire malienne, mais bien pour permettre les importations vers la Lybie. En traversant le [...]

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Une journée à Magnanbougou

June 17, 2010

Je suis assise dans un centre de santé communautaire d’un quartier défavorisé de Bamako du nom de Magnanbougou. Le domaine de la santé est décidément un domaine de femmes. Certes, les deux médecins de l’établissement sont des hommes, mais on y trouve une vingtaine de femmes : infirmières, sages-femmes, aides-soignantes, techniciennes. Elles sont belles, elles [...]

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