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3rd August
2006
written by Laurence

Sur la route du retour de Matagalpa, Julie et moi usions nos mines dans nos journaux respectifs sous l’oeil curieux d’une jeune Nicaraguyenne aux yeux masqués de fard violet et aux cheveux torsadés reluisants de gel. Enfin, la joue collée contre la fenêtre du bus multicolore, je regardais les montagnes nicaraguyennes. Elles me semblaient en opposition complète avec le lac de Managua, qui se trouve juste derrière chez moi et qui remplace la vision habituelle des piscines hors-terre de mon voisinage repentignois par ce que je décrirais comme un immense bac à merde (désolé… je ne trouvais pas plus précis.) Alors, j’observais les maisonettes de tôle, à peine plus grosse que mon garde-robe, perdues sur les flancs des vertes montagnes.

A l’intérieur du bus, les odeurs humaines se mélangaient, l’air était suffocant et les vendeurs et vendeuses de nourriture de toutes sortes se poussaient jusqu’à la sortie. Des enfants avec les yeux immenses passent avec leurs sacs remplis d’eau, qui doivent bien faire le double de leur poids ils crient:”agua!!! Agua bien fria!” d’une voix hypernasale.

Puis après plusieurs heures de voyage, Julie et moi sommes arrivées dans un marché que nous ne connaissions pas . Fourbues, nous n’apercevons qu’un taxi . C’est ainsi que nous abordons le chauffeur pour discuter du prix du voyage jusqu’à notre demeure managuyenne. On aquiese et on se dirige vers une voiture un peu plus loin, qui n’était pas celle que nous avions vue à notre arrivée et qui était déjà pleine. Enfin, faute d’alternative, nous nous engouffrons dans le bazou. L’odeur de l’homme moustachu à ma gauche, avec son bambin sur les genous me rapellaient vaguement celle des chiens malades qui se secouaient devant chez moi après une chaude pluie.. Finalement, le chauffeur se lance dans une course effrenée, le voilà qui esquive un autobus et s’arrête dans un bruit de freins à couper le tympan (si freins il y avait?).C’est alors que Julie s’écrit, en espagnol:”Je préfère arriver plus tard, mais en vie!” Sous l’impact du commentaire de la blanche assise à la place du mort, l’homme s’est senti insulté et a décidé d’évacuer sa dite frustration sur la pédale de gaz. Quelle horreur! Alors la vieille version nicaraguyenne de Vin Diesel se faufile entre une dizaine de voiture klaxonnantes et le panneau de stop et les lumiéres lui semblent de simple décorations routières. Pour finir,je crois que je n’aurais jamais imploré le seigneur autant de fois en si peu de temps. Nous sommes finalement arrivées en claquant la porte à ce vieux plouc et en prenant une bouffée du large acahualincaien.

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