Hier je suis retournée à la Chureca (enfin tous mes élèves d’Art de 2 générations y habitent et y travaillent), mais cette fois je suis allée plus loin. Puisque ce dépotoir s’étend sur 13 kilomètres, il y a surtout des poubelles, des camions et une odeur fétide qui vous reste dans le nez pendant des lustres, mais étonnament, il y a plus. Je me suis rendue compte que cet endroit est un véritable microcosme social. Il y a de tout dans ce dépotoir. Quand on observe, on peut voir que certains semblants d’habitations (je ne sais plus quels sont les critères pour appeller une construction habitation, disons que peut utiliser ce terme quand on y dort (???)) qui font lieu de petits magasins (un peu comme celui que j’ai chez moi, ils se nomment pulperias. Enfin, il y a aussi une école, avec une capacité minime, malheuresement et un petit centre de santé. Les habitants et travailleurs du dépotoir municipal s’organisent entre eux. Il y a peut être même différentes strates sociales. Enfin, je creuse ,mais c’est la vérité. J’ai visité quelques familles, ainsi, un certain nombre de personnes se chargent de se mettre les mains dans les déchets pour chercher les différents matériaux comme le papier, le carton, l’aluminium.. etc. Enfin, ce travail est extrêtement dangeureux, ils souffrent de nombreuses maladies et plusieurs enfants meurent frappés par les camions qui entrent et qui sortent. Ces gens vont revendre leurs trouvailles à d’autres familles, qui eux, nettoient le tout et revendent à des usines de recyclage. Les “collecteurs” font à peine un à deux dollars canadiens par jour s’ils passent leur journée à fouiller dans cet enfer. Enfin, je crois que les “distributeurs” font un peu plus, ce qui délimite les deux types de familles.
Pour conclure, même si c’est impensable de croiser ces gens qui sont nés dans les rebus et qui y meurent, je me sens beaucoup mieux que la première semaine, quand j’avais découvert le lieu pour la première fois. Je ne peux pas dire que je comprend complètement, mais du moins, je crois comprendre mieux. Je reconnais des visages, ceux que je vois plusieurs fois par semaine, les mains dans la peinture, à mes activités. Ils ont des coeurs d’enfants, mais ils me déboussolent tout de même. Lorsque je leur demande de peindre certaines choses, les crayons, le papier, la peinture, le concept de créativité leur sont inconnus, j’ai parfois l’impression d’avoir à faire à des êtres erafflés par la vie, cachés derrière des sourires d’enfants. Enfin, le dessin, le jeu ne leur vient pas facilement, mais lorsque je leur demande de laver le plancher ou de ramasser la salle après le bricolage; j’ai à peine le temps de me retourner que les tuiles reluisent et que la salle est impecable. Ils ont l’habitude des tâches et des responsabilités, mais il ne connaissent pas le jeu..
Finalement, hier, Dimanche, on a organisé une immense fête de rue, des centaines d’enfants et de jeunes participaient aux activités, on a déniché du maquillage pour le visage et j’ai peint de jolis petits visages couleur café pendant 5 heures sans arrêt! Enfin, on distribuait de la nourriture, des prix, cette journée de fête de quartier était vraiment une réussite! Samedi soir, ma famille a préparé une célébration d’adieu, plusieurs personnes y étaient invitées, on a dansé toute la nuit, s’il y a quelque chose que les Nicaraguyens métrisent parfaitement; c’est bien la fête!
Je quitte la communauté jeudi matin très tôt pour partir en évaluation à Granada. Ce sera difficile de quitter un lieu, qui est rien pour les yeux, mais tellement pour le coeur!
On se revoit sous peu,
Lau!
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Salut Laurence,
Dsl si je n’ai pas écris avant! J’ai suivi ton périple tout au long de l’été comme la majorité d’entre nous.Tu n’aura peut-être pas changer le pays en entier, mais je suis certaine que tu restera gravée dans la mémoire des gens que tu as croisé sur ton passage!On a hâte de te revoir
July -xxx-