Archive for May, 2008

31st May
2008
written by Laurence

Me voila en Ouganda. J’ai aménagé dans ma famille. Premières impressions : je mange des criquets deux fois par jours. Les criquets sont considérés, en Ouganda, comme un encas dune grande délicatesse. Ils sont offerts aux invités comme marque de respect et gare à quiconque ose les refuser. Depuis quelques jours, je fais le tour des maisons du village car tout le monde m’invite et me tire par le bras. Je m’assoie sur des tapis au sol et je mange des criquets, par respect. Je crois que je ne les digère pas très bien, je ne vous donne pas plus d’explications sur ce sujet, mis a part du fait qu’il n’y a pas de toilette mais un trou.

Les enfants de la maison ont tous dormi avec moi, pour m’accueillir. Ils sont 7 enfants dont trois filles de 15, 16 et 17 ans, elles sont superbes, de vraies beautés africaines. Ici on rit beaucoup de moi, quand on me demande du tuer un poulet, d’aller chercher des bananes plantains, de nourrir les vaches ou d’autres taches qui me sont inconnues.

Ici tout le monde se nomme frère et sœur, ce qui me donne un peu de difficulté à comprendre les liens familiaux, mais ça m’est égal, car j’aime bien cette solidarité. Les voisins entrent et sortent de la maison, tirent sur mes cheveux en disant que je porte une perruque..Ha!

Enfin Masaka est plutôt pauvre, c’est réellement la ville la plus infectée par le sida dans tout l’Afrique et partout dans les rues on aperçoit ces hommes et ces femmes, à la peau abîmée, aux yeux injectes de sang, souvent ostracisés car le VIH est devenu apparent.

Ma famille a tenté de me donner un nom africain, mais c’etait le meme nom que deux filles dans la maison. J’ai donc opté pour le simple Lolo, mais le L et le R ont une prononciation similaire en Luganda, alors j’entends partout dans le village des Loulou, Lolo, Roro, Rourou… Enfin c’est mieux que le blanche!étrangère! (Muzungu en Luganda) auquel j’avais droit auparavant.

Bizou
Lolo, Rourou, whatever..

27th May
2008
written by Laurence

Je suis arrivée en Ouganda depuis peu. Je suis présentement en formation dans ma communauté d’accueil. Je ne vais déménager dans ma famille d’accueil que ce vendredi. Les différents stagiaires venus avec FSD seront alors dispersés dans la région de Masaka.

Avant de vous donner mes impressions sur l’Ouganda, voilà quelques pensées sur mon séjour au Caire. Je fus accueillie par Mohammed, l’ami de ma colocataire aux États-Unis (Claire). Sa famille et lui furent preuve d’une telle générosité envers moi. Chez Momo, on est musulman, une de ses soeurs fait le choix de porter le hijab, alors que l’autre pas. Les quatre enfants parlent un français chantant, dénudé de tout accent. Momo lui parle Français, Anglais, Arabe, Portugais, Italien et Espagnol (ouf!). Je dois absolument retourner au Caire, il me semble que je n’ai pas saisi un millième de l’effervescence enlevante de cette ville. . Quelques flashs :

Je fus plus que fascinée par la dynamique modernité-tradition au Caire. Là-bas, j’ai croisé toutes sortes de femmes, des fashionistas aux lunettes Gucci aux femmes habillées plus que traditionnellement portant la nqab (seulement les yeux à découvert) et la longue robe noire jusqu’au sol. Le Caire est hétérogène, turbulent, poussiéreux et magnifique. Souvent les femmes habillées extrêmement traditionnellement se promènent au bras d’un homme aux cheveux peignés vers l’arrière à l’aide de gel, les jeans collés sur la peau et la chemise ouverte, le torse offert au regard des badauds. Double mesure?

Toutefois, les femmes qui sont forcées d’adopter une telle tenue sont facilement reconnaissables. Effectivement, Mohammed me racontait qu’un jour, alors qu’il sillonnait les bords du Nil, sur une promenade où les amoureux aiment bien secrètement se prélasser au soleil et s’échanger des regards complices, il aperçut un couple. La femme portant le hijab serré autour du visage et la longue robe noire, au soleil bouillant de midi, elle portait également des gants (accessoires que de très rares femmes choisissent de porter, soit disant pour éviter de toucher les hommes dans les foules, au marché, etc.) et caressait les cheveux de sa flamme, avec ses gants!

Le trafic au Caire est infernal. Les autos n’ont pas peur de défoncer le pare-chocs de la voiture derrière ou devant pour arriver à leurs fins. Ils se crient par la tête, et dès que le chauffeur aperçoit une minuscule ouverture entre deux voiture, il n’hésite pas à s’y lancer à toute vitesse en criant, klaxonnant et parfois même en sortant du véhicule pour insulter les taxis qui bourdonnent autour de lui. Et dans la poussière qui monte, sur la route pour se rendre sur un toit d’un édifice surplombant la ville pour fumer la shisha avec quelques amis et échanger quelques mots en arabe, les rythmes qui s’échappent de la radio couvrent un peu du vacarme, et ce capharnaüm charme… incompréhensible ment, mais charme.

Enfin, merci chère ambassade de l’Ouganda, ils avaient fait une erreur dans mon visa!! Alors, en partant de l’Égypte, ils ont failli ne pas me faire passer, mais il semble que Momo ait réussi à trouver un contact à l’aéroport, qu’il a payé et qui m’a fait passer en douce, dans l’illégalité. HA!

***
En Ouganda, Je vis dans le village de Kimaanya, mais je travaille à Masaka. L’électricité coupe souvent, et la connexion à Internet est mauvaise et lente, ainsi donc, mes entrées de blog seront peut-être plus rares.

6th May
2008
written by Laurence

Je ne suis pas partie en voyage. Alors je me mets au fait de l’actualité québécoise. Il me semble que je n’ai pas manqué grand chose pendant un an, les accommodements raisonnables étaient le seul carburant des média. Enfin, voici une réponse que j’adresse à Richard Martineau, chroniqueur-blogue pour le journal de Montréal, animateur des Francs tireurs, ancien éditeur du Voir, etc.

Je réponds à ses propos au sujet du voile dans cet éditorial http://martineau.blogue.canoe.ca/2007/02/19/la_derive_de_francoise_david, mais aussi dans une dizaine d’autres éditoriaux en ligne ou même dans un article publié dans le Elle-Québec. Dans son éditorial publié dans le Elle-Québec http://www.ellequebec.com/Societe/billets/des-femmes-qui-ont-du-cran-n243641p1.html, il souligne la contribution de trois féministes musulmanes qui s’opposent au voile avec véhémence.

M. Martineau, suite à la lecture de cet éditorial ainsi qu’à celle de votre article dans le Elle soulignant la contribution de ces trois même auteures à la cause de la femme, je me désole de l’étroitesse de votre argumentation.

Effectivement, la question du voile ne se résout pas par une réponse telle que le voile est un symbole d’oppression ou ne l’est pas. Il faut éviter les généralisations. Chaque femme qui fait le choix de porter le voile, donne sa propre définition. Je m’insurge, comme vous, et comme ces féministes, lorsqu’un gouvernement dicte à ces citoyens ce qu’ils doivent porter au nom d’une religion, comme c’est le cas en Iran. Mais je m’insurge également lorsque d’autres gouvernements, qu’on croyait à tort progressistes, dictent à leurs citoyens ce qu’il leur est interdit de porter, au nom de la sécularité. Je fais ici référence à la loi implantée en 2004 en France interdisant le port de symboles religieux ostentatoires dans les institutions d’enseignement primaire et secondaires publiques. Cette loi est toute aussi discriminatoire M. Martineau.

Vous pensez que le voile est un symbole d’oppression. Même chose du côté de Chahdortt Djavann, que vous aimez bien citer, qui écrit que «le voile est un symbole qui ôte toute capacité à la femme d’être un être pensant.» Que diriez-vous de notre société qui fait pression sur nos toutes jeunes filles pour qu’elles se maquillent et les plongent dans l’hypersexualisation? Est-ce pour vous une façon de représenter les femmes en être pensant? Ces filles de 11 ans hypersexualisées, encouragées par leurs amis(es) à faire des strip-teases ou des danses sandwich (voir l’article de Louise Leduc dans la Presse d’aujourd’hui :http://www.cyberpresse.ca/article/20080506/CPACTUEL/805060869/-1/CPACTUEL) ou toutes ces jeunes filles qui sombrent dans l’anorexie sont pour moi également le symbole d’une pernicieuse forme «d’oppression». Toutefois, cette oppression n’est ni politique ni religieuse.

Nombreuses sont les musulmanes, qui décident de porter le voile par choix et commencent cette transition à 14, 18, 25 ans. Plusieurs femmes que je connais on fait cette transition malgré le désaccord de leurs parents, ou même de leur mari. Oppression M. Martineau? La question du voile a plusieurs teintes et voyager, vivre et étudier en Afrique du Nord, au Moyen-Orient et en Asie du Sud-est vous fait voir les différentes facettes de la question.

Malheureusement, au Canada, tant que nous débattons de la question du hijab et fournissons des réponses aussi simplistes qu’«il s’agit d’oppression», les féministes musulmanes qui font le choix de porter le voile se voient obligées d’en parler encore encore et pendant ce temps les vraies questions ne sont pas posées. En Amérique du Nord, la question du voile est un handicap à la considération de débats féministes musulmans plus profonds et plus criants.

Oui je suis québécoise, oui je suis féministe.

2nd May
2008
written by Laurence


À vous tous,

Lorsque je ne voyageais qu’occasionnellement, je pouvais encore vous côtoyer, chaque jour, vous écoutez, partager avec vous. Mais maintenant que je ne vis plus au Québec, tout se corse. Comme vous comptez pour moi et que j’aime partager avec vous ce que je vis; voici mon nouveau blog. J’avais écrit un blog à Managua, et l’expérience fut très positive, mes amis, ma famille répondaient à mes posts. Aujourd’hui lorsque je relis ce que j’écrivais à Managua, je trouve ce blog un peu immature et vite fait, mais avec l’électricité et la connexion internet qui étaient si rares; l’environnent dans lequel j’écrivais n’étais pas toujours propice à une écriture songée et profonde. Ce blog sera parfois en anglais ou autres langues, car malheureusement, certains (es) de mes amis (es) ne parlent pas le français. En espérant que vous puissiez me suivre, et me lire.

Je suis arrivée au Québec hier, et le 19 Mai je volerai vers le Caire, pour 5 jours. Ensuite, mon avion arrête à Nairobi et Khartoum pour atterrir finalement en Ouganda à Kampala. Je passerai quelques jours à Kampala pour suivre une formation en coopération internationale. Ensuite, je poursuivrai un stage de 9 semaine à Masaka avec WOMEN TOGETHER FOR DEVELOPMENT. Puis, je voyagerai pendant trois semaines, je ne suis pas certaine de mon itinéraire; tout dépend de mes rencontres, de mon budget, de la situation politique.

Dear friends, here is my blog. A blog I created to allow you to follow my adventures of the summer. Hopefully I can keep that blog going for the school year also, and share my thoughts, and episodes of my life in North Carolina. Most of it will be written in French, because it is my mother tongue, the language I feel, and also because this blog is one mainly for my people in Québec. Some of my dear friends such as Anna, Diana and Claire would be able to read this blog in French, at least some of it, so I don’t feel too guilty.

**Pourquoi les damnés de la terre? Il s’agit du titre d’un livre de Frantz Fanon et oui aussi un vers de l’Internationale, ce chant communiste français, mais détrompez vous je ne suis pas communiste, malgré que… certains soirs je m’endors ne pensant à Marx.. haha

Après avoir lu Albert Memmi et Fanon, je réalise que nous sommes tous un peu colons, et colonisés à la fois et je vis ce dilemme constamment en tant que Québécoise au Canada, mais également en tant que Québécoise vivant aux États-Unis.

Et puis, la coopération internationale est un milieu empreint de restes de néocolonialisme et de théories tiers-mondistes, et je crois que les Damnés de la terre est un titre révélateur. Mais ce titre est également sarcastique, car je voyage et je participe à des projets de coopération internationale, mais je ne crois pas que les populations au Nicaragua ou en Ouganda sont les damnées de la terre, mais parfois les gouvernement qui financent ces projets.. Enfin, je suis certaine que par ce blog, vous aurez amplement l’occasion de saisir ma vision.

Un blog qui me permet de rester en contact avec ceux que j’aime. Une tribune d’idées et de réflexions sur mes études, les gens que je rencontre, la coopération internationale.

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