Ici les enfants qui ne sont pas désirés sont nombreux, trop nombreux. Hier, alors d’une visite d’un groupe de femmes à Kitenga, j’ai rencontré cette jeune femme qui est allée chercher son bébé dans cette petite hutte en terre. Voilà, normalement lorsque je rencontre des sidéens en phase terminale, des bébés gravement atteints par la malaria, je retient mon souffle, je leur souris, et je tente de ne pas leur rappeler la douleur qu’ils vivent chaque jour dans mon regard. Mais cette fois, c’était extrêmement difficile, ce bébé de moins d’un an était brûlé au troisième degré, 70% de la surface de son corps était en gales à cause des flammes. Ses yeux ont brûlé fermés, maintenant il peut les ouvrir un peu, mais il a totalement perdu la vue. Il n’a plus de doigts, plus d’orteils, et sa bouche est énorme comme figée au moment d’un cri, il ne peut la fermer. J’ai du retenir mon souffle très fort, garder les larmes, jamais un malade ne m’a tant touché, ce bébé que je tenais maintenant dans mes bras n’avait que très peu de caractéristiques humaines. La jeune mère a accouché de cet enfant d’un père inconnu et un soir qu’elle allait danser dans une discothèque elle laisse le bébé dormir, une chandelle à son chevet. La hutte prit en feu et les voisins allèrent la chercher à la discothèque. Elle amena le bébé brûlé à l’hôpital et retourna à la discothèque.
Go to the people, live with them, love them, learn from them. Start with what they know, build on what they have, and work with the leaders so when the work is done, people can say-We did this ourselves
Lao Tzu 700 BC
Et voilà, je crois que je sors peu à peu des multiples rencontres, des réflexions nocturnes, et que j’ai fini mon évaluation des besoins de la communauté pour enfin me concentrer sur un projet précis. Car, oui je suis venue ici pour travailler, même si ce blog a été destiné jusqu’ici à ma dite adaptation culturelle. La majorité des groupes de femmes ont reçu des ateliers avec Wotodev, sur l’agriculture organique, les pesticides, comment construire des jardins, comment faire pousser des herbes médicinales, des ateliers sur le sida, sur la malaria, etc.. Mais même si maintenant elles plus éduqués sur ces différents thèmes, ces veuves et mères sidéennes n’ont toujours pas le revenu nécessaire pour mettre en pratique leurs acquis. D’ailleurs, le seul moyen que ces femmes peuvent reprendre contrôle sur leur futur et être autonomes et fières c’est d’avoir leur propre revenu. Une fois qu’elles ont leur propre revenu, elles peuvent se rendre à la clinique de dépistage du VIH et payer la somme pour le traitement rétroviral. Il est donc essentiel de développer de nouvelles activités économiques pour ces groupes de femmes. Évidemment leurs maisons sont insalubres, elles s’effondrent, leurs jardins ne produisent pas assez de légumes, elles sont mal nourries. Mais si je leur trouve du ciment et des briques, les maisons seront réparées, mais dans 5 ans, elles n’auront toujours pas de moyen d’améliorer leurs conditions de vie par elles-mêmes. Si elles développent leur propre revenu, il s’agit davantage de développement durable.
Je suis donc en train de mettre sur pied une coopérative laitière. J’ai réuni trois groupes de femmes qui produisent du lait, et ensemble elles développent un système d’épargne et d’emprunts et vendent leur lait ensemble pour faire davantage de profit. Jusqu’ici l’épargne est destinée à acheter un réfrigérateur et un congélateur industriels, pour pouvoir vendre nos produits directement dans la ville de Masaka. J’ai trouvé un organisme qui nous donne un point de vente gratuitement près du marché. Je suis en train d’écrire un plan de mise en marché pour leur produits et je vais tenter d’obtenir un prêt dans une institution de micro finance avec les coordinatrices de ces trois groupes de femmes pour acheter le réfrigérateur et le congélateur. J’ai des rencontres avec le diocèse de Masaka qui a des fermiers spécialisés en produits dérivés du lait pour que ces femmes reçoivent des formations sur la préparation de yogourts et de crème glacée. Il n’y a pas vraiment de marché pour le fromage ici en Ouganda, et la production demande trop de lait pour nos débuts. Nous voilà!!! J’ai aussi trouvé un partenaire pour que ces femmes développent un système de collection de pluie pour abreuver leurs vaches, car elles vont chercher l’eau dans un marécage à quelques kilomètres de leurs fermes.
Voilà, souhaitez nous bonne chance!
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Ouahh! je te souhaite des milliers de fois bonne chance lau!!
C’est fou comment, à chacune de mes lectures, tu réussies à m’impressionner! Peu de gens t’arrive à la cheville.. j’espère que tu en es consciente..
D’ici toute cette mise en marche, promet moi de faire attention à toi!
Dans l’attente des prochains développements,
Vanessa xxx
Salut laulau!!
J’espère que tout va bien aller avec ton projet!! Mais je suis certain que ta persévérance viendra à bout des obstacles qui seront sur ton chemin!!
Je pense toujours beaucoup à toi, j’espère que tout va continuer à bien aller pour toi… pour que tu puisses faire rayonner un peu d’espoir dans la vie des gens qui t’entourent là-bas!!
Bonne chance encore, et j’ai déjà hâte de lire tes prochaines nouvelles!!
Guil
xxx