L’Afrique, au premier regard, au premier contact, peut paraître chaotique. Mais sous le bruit ambiant des les bodas qui dévalent les routes à toute vitesse, des vendeurs qui se tiraillent les passants, ou des nombreuses radios porteuses de malheurs en zones de conflits, je trouve ma vie en Ouganda paisible.
Certains moments dans ma journée me plongent dans un confort profond. Cette quiétude que je ressens est peut-être due à l’accueil que je reçois partout. Je dois peut-être cet état à mes petites sœurs, Anisha et Sheila, et à mon petit frère Ponsiano qui viennent se recroqueviller en silence autour de moi lorsque je lis. Le soir, lorsque je n’arrive pas à trouver le sommeil, j’observe une traînée de lucioles sur mon plafond, qui s’illuminent par intermittence, et je m’imagine que ce sont de minuscules lumières de noël accrochées au-dessus de mon lit. À chaque fin de journée, à mon retour de mes escapades dans de lointains villages, les voisins, les tantes et les oncles, se réunissent à mon arrivée, et nous partageons un thé au gingembre sur des tapis africains (faits de feuilles de palmiers séchées et tressées) déposé sur l’herbe humide.
J’adore le rire de mama Sara. Elle secout la tête lâchement et soudainement le rire éclate. Ce rire me rassure lorsque je tente de m’intégrer maladroitement. Je ne connais pas beaucoup d’autres femmes mugandas (de la tribu de Baganda) qui rient autant que Mama Sara. Mama Sara a plusieurs enfants, et accueille des orphelins, elle fut donnée à son mari contre contribution financière à l’âge de 17 ans. Sa famille a beaucoup souffert et son père a participé à la guerre contre la Tanzanie, du temps d’Idi Amin Dada. Sur le visage foncé de Mama Sara, il n’y a aucune marque des longues nuits cachées près de la frontière avec la tanzanie, à fuir les soldats. Aucune ride ne nous indique le désespoir. Il n’y a que la lumière dans ses yeux. Lorsque je reviens un peu tard, à la brunante et que je tente de trouver mon chemin à tâtons vers ma demeure, le rire de Mama Sara résonne jusqu’à moi et m’oriente.
Et puis, à la maison, il y a les prières. Les plus jeunes sont les plus dévolues. Et après le thé, j’entend les petites voix fragiles répéter des «Allah wa Akbahr» dans un coin sombre de notre demeure où mes sœurs prient è l’unisson. Lorsque j’étais malade, allongée dans mon lit, les fines voix de mes jeunes sœurs chantaient des prières jour et nuit et imploraient Allah pour mon rétablissement. Et Sheila m’a rappelé, les yeux brillants, que ses prières m’ont guérit. Webale nnyo Sheila –Merci beaucoup-
En Luganda, le mot pour oui est «yee», pourtant, on ne le prononce que rarement. Les mugandas préfèrent de discrètes onomatopées pour communiquer. Les femmes saluent à genoux puis, le premier dit «mmmm» (comme on dirait mmmm c’est bon !) et l’autre répond «mmmmm» une note plus haute. Et après s’être mutuellement remercié (remercié pour aucune raison en particulière, il s’agit d’une forme de politesse) un interminable enchaînement de «mmmm» recommence et les individus ne se regardent jamais dans les yeux, pour faire preuve de modestie. Ces salutations prennent quelques minutes par personnes, et lorsque je visite un groupe de 50 femmes, les introductions prennent des heures.
Hourra !! J’ai reçu du financement pour mes projets avec les groupes de femmes. J’ai écrit une demande de financement que j’ai envoyé à FSD- foundation for sustainable development. 700$ pour que ces femmes puissent construire des systèmes pour récolter l’eau de pluie. 700$ peuvent paraître insignifiants mais ils permettront à 147 femmes de se construire un système, de pouvoir s’abreuver décemment (évidemment l’eau doit être bouillie), sans avoir à marcher plusieurs kilomètres pour se rendre au marais où l’eau est stagnante et insalubre. Elles peuvent utiliser l’eau pour leurs jardins et leur bétail et possiblement avoir accès à davantage de revenu qui leur permet de se rendre à la clinique pour sidéens !
Nze Namatovu Lolo, Mbeera mu Kimaanya, Ndeera ngambi
Je suis Lolo NaMatovu, j’habite à Kimaanya, et je suis du clan des antilopes
Comme le père à la maison est Matovu, je deviens, en tant que femme NaMatovu et j’hérite également de son clan.
** Tous les jours je me fais demander, Quels sont nos tribus au Canada…et je dois répondre que nous avons des tribus, qui étaient là avant la colonisation, mais que nous les avons mis dans des villages très pauvres et que les gens dans les villes ne savent pas qu’elles existent. Cette pensée les horrifie. Avec raison.
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Merci Lolo de nous faire vivre ton voyage. J’espère tu nous permettra de te suivre en écrivant plus souvent sur ton blog.
Ça nous a manqué, tes aventures !
Il n’ya pas que tes textes qui nous manquent, mais toi aussi …
je t’aime
Mamounette xox
Salut Lolo,
c’est la première fois que j’écris un commentaire sur ton blog, mais je lis passionnement toutes tes aventures palpitantes depuis le début! C’est incroyable ce que tu peux faire pour aider les autres. T’es une source d’inspiration!
July -xxx-
Merci
Guil
xxx
Laurence,
The emotions and feelings that your texts bring us are incredible. Joy, pain, awe, love, envy and most of all pride.
This writing may be therapeutic for you, but it is spiritual for us.
Godspeed…
Mark