Me voilà au Mali, à Bamako. Au milieu des contradictions de la pauvreté urbaine. Au milieu de la joie de vivre malienne. Le paysage désertique urbain a été récemment bouleversé par une vague de modernisation. Les voitures de l’année déferlent dans les ruelles en terre rouge. Et des bâtiments dont on ne voit que les fondations sont déjà habités par des familles qui couvrent les portes et les fenêtres avec des morceaux de tissu. La vie urbaine est étourdissante. J’irais bien dans un village calme au bord de l’eau m’établir, mais ma recherche doit se faire en centre urbain. On entend les téléviseurs dans les foyers où les assiettes sont vides, et une forte impression de déjà-vu me prend. Même paysage qu’au Nicaragua, en Tanzanie, en Ouganda, ou partout. Mais ces contradictions sont presqu’insipides, lorsqu’on est ébloui par les sourires, les bonjours timides des enfants, les assiettes de riz à la sauce d’arachide servies à toute heure de la journée, offertes par chaque personne saluée au passage. Je ne peux cesser de comparer ce que je vois à la vie tranquille dans mon village ougandais, et je pense à mama Sara qui m’avait accueillie avec tant d’amour. Dans un village reclus, une jeune fille m’avait alors pris pour un fantôme, ma peau blanche l’avait effrayée. Mais ici à Bamako, on en a vu passer des toubabou (étrangers), les enfants gazouillent encore à notre vue, mais vraiment c’est la routine de voir les blancs rougis au soleil d’Afrique se promener, ou naviguer les rues de la métropole de cette ancienne colonie française, surtout derrière les fenêtres blindées de leur fourgonnettes de l’ONU.
Deux ponts traversent le fleuve Niger : le vieux et le nouveau. Et les sutramas (minibus) remplis de passagers font craquer les fondations des ponts en se hâtant vers le centre-ville. Bamako est le carrefour de plusieurs migrations. Nigérians, Togolais, Mauritaniens, Guinéens, et villageois du tout Mali ont migrés vers ce centre urbain. Certaines images sont frappantes et me réjouissent, les femmes au volant de leurs motocyclettes, avec leurs habits colorés au côté des hommes, une image inimaginable en Ouganda, où une femme au volant d’une motocyclette ou pire d’une voiture est impensable. Ici les politiciennes, artistes et femmes d’influence prennent sans cesse la parole dans les média. Ce n’est qu’un premier goût, une effluve de la vie à Bamako. Mais pour l’instant la chaleur de Bamako n’a aucun égal, à près de 40 C chaque jour, chaque coin d’ombre est occupé par ceux qui font la sieste, et tous se cachent au milieu de la journée.
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Woww ! on a droit à tes premières impressions, j’espère que tu vas continuer à publier, et ainsi nous alimenter de ce que tu sens dans ce pays, aux antipodes du nôtre
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