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	<title>Au seuil du jour &#187; 2009 Damas, Syrie</title>
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		<title>Musique folk et Irak</title>
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		<pubDate>Mon, 27 Apr 2009 20:20:12 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Laurence</dc:creator>
				<category><![CDATA[2009 Damas, Syrie]]></category>
		<category><![CDATA[folk]]></category>
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		<description><![CDATA[La vie à Damas devient plus douce au printemps. Les arbres fleurissent, et l’odeur du shawerma* rôtissant sur sa broche au soleil et me surprend à chaque coin de rue. Un jour, après avoir descendu les marches en trombe pour attraper le minibus plein à craquer, pour lequel on se bat pour s’asseoir sur ses [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p></p><p><!--[endif]--></p>
<p>La vie à Damas devient plus douce au printemps. Les arbres fleurissent, et l’odeur du shawerma* rôtissant sur sa broche au soleil et me surprend à chaque coin de rue.</p>
<p>Un jour, après avoir descendu les marches en trombe pour attraper le minibus plein à craquer, pour lequel on se bat pour s’asseoir sur ses talons ou sur son sac, Habib et moi avons croisé Amir. Il marchait près de notre demeure et nous lui avons demandé si c’était un Oud* qu’il trimbalait dans l’étui en cuir sur son dos. Il l’ouvrit et me montra son banjo.</p>
<p>Jamais je n’avais vu un banjo au Moyen-Orient. Amir est un réfugié irakien à Damas. La Syrie est le seul pays au Moyen-Orient qui ne requière aucun visa pour les Arabes, de l’Algérie à l’Afghanistan, ils peuvent tous entrer sans problèmes et fuir guerres et conflits.</p>
<p>La Syrie croit en la solidarité et au nationalisme arabe, ainsi nombreux sont les Irakiens en Syrie. Amir est un musicien et il joue du folk américain. Il chante et gratte les mélodies de Bob Dylan, Neil Young ou John Denver à la perfection. Son accent New Yorkais semble tout droit sorti d’un film. Il n’avait jamais quitté Bagdad jusqu’à il y a quelques mois. Il troqua ce qu’il put contre banjos, mandolines et guitares avec les soldats américains en Irak. Amir est apolitique, il joue la musique qui le passionne, sans plus. Il compose en anglais, et trimbale sa mandoline dans les rues de Damas. Nombreuses sont les questions qui restent sans réponse. Cette musique est composée par un pays qui a envahi l’Irak, elle proclame la fierté américaine&#8230; Peut-on réellement être apolitique devant ce fait? Et Amir, qui tente depuis longtemps de se rendre aux États-Unis, sera-t-il accepté par la scène folk du Tennessee? Dans le sud des États-Unis, où les républicains sont en forces, et où une ambiance plutôt hostile au monde arabe plane, Amir trouvera-t-il l’Amérique dont il a tant rêvé?</p>
<p>En attendant, Amir gratte sa guitare sur le toit de notre vieille maison près du marché, et quand nos amis syriens nous rendent visite et lui demandent de jouer une mélodie traditionnelle, ou de gratter le Oud pour un instant, Amir refuse, car il ne joue pas de musique arabe. Nos amis syriens joignent les sourcils, et parfois ne lui adressent plus la parole jusqu’à l’aube.</p>
<p>*un méchoui de poulet, qui est coupé et servi dans un pain pita, la nourriture typique de rue</p>
<p>* Un Oud est un luth oriental</p>
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		<title>Causerie sur la passerelle</title>
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		<pubDate>Wed, 04 Feb 2009 15:58:04 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Laurence</dc:creator>
				<category><![CDATA[2009 Damas, Syrie]]></category>

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		<description><![CDATA[Imaginez-vous marcher à Damas. Vous passez des femmes couvertes de la tête aux pieds, une épingle de sureté tenant le tissu noir pénombre serré sous leurs narines, laissant le nez à l’air, les yeux aussi. Une Syrienne au visage poudré blanc comme la neige du Québec, les sourcils soulignés, les yeux maquillés généreusement, le contour [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p></p><p>Imaginez-vous marcher à Damas. Vous passez des femmes couvertes de la tête aux pieds, une épingle de sureté tenant le tissu noir pénombre serré sous leurs narines, laissant le nez à l’air, les yeux aussi. Une Syrienne au visage poudré blanc comme la neige du Québec, les sourcils soulignés, les yeux maquillés généreusement, le contour des lèvres accentué d’un trait rouge corail, les cheveux teints et placés, perchée haute sur ses talons marche juste derrière vous, ses pas en cadence avec les vôtres. Toujours en mouvement, vous grimpez la passerelle qui passe au-dessus d’une large rue entrafiquée, les enfants au visage sale tentent de vous vendre des briquets pour 15 livres syriennes (30 sous), ils bloquent le chemin, mais personne ne se bouscule, les gens marchent posément et causent, causent au-dessus de l’autoroute sur la passerelle turquoise.</p>
<p>Vous avez descendu les dernières marches, la passerelle est derrière vous, vous voilà sur une artère perpendiculaire toujours aussi congestionnée. Vous apercevez des tableaux de Khomeini et Ahmadinejad côte à côte; c’est le centre culturel iranien. En face, des peintures sur les murs célèbrent l’amitié qui règne entre la Syrie et l’Iran. Partout sur les édifices des photos du dictateur Al-Assad sont accrochées et des photos de son père aussi sont partout tapissées. Les plus grands portraits sont entourés de cœurs luminescents. Des cœurs qui me rappellent ceux que mes cousines et moi avions rafistolés pour le spectacle des <em>Backstreet Boys </em>à Montréal, au tournant de mes douze ans. Oui, un fanatisme backstreetboyien règne pour le président ici. Mais, il s’agit d’un fan-club obligatoire, disons. C’est le fan-club ou la prison.</p>
<p>Puis derrière les taxis jaunes damasquins stationnés, vous vous faufilez en douce. Et voilà, vous vous dites qu’il est tant de vous mettre au régime, car les murs deviennent de plus en plus étroits, et que l’air manque soudainement, quelques chats se glissent entre vos jambes, vous entrez dans Sarouja. Derrière le tapage urbain se cache un des plus vieux quartiers de Damas, elle-même la plus vieille ville au monde. Les petits commerces se succèdent, les hommes, kuffiyah autour de la tête, barbe grisonnante sont cachés dans ces minuscules cubiques de deux mètres par trois mètres au plus, ensevelis sous une énorme pile de chaussures qu’on croirait sortie des photos de Auschwitz-Birkenau. Vous jetez un coup d’œil vers le ciel bleu, dénudé de nuages, et sous le minaret qui pointe vers le ciel, vous entendez l’appel à la prière. L’odeur du foul, un plat traditionnel de fèves, citron, humus et épice vous embaume le nez. Les cordonniers que vous venez de passer sortent de leur oubliette et marchent lentement vers la mosquée pour la prière, avançant au rythme du Allahu Akhbar (Allah est le plus grand, premier vers de l’appel à la prière). Puis, comme un écho, vous entendez maintenant les autres mosquées du quartier chanter la grandeur d’Allah avec quelques secondes, peut-être une minute de décalage. C’est magnifique, on croirait que les minarets se répondent, bien au-dessus des soucis des badauds, ils surplombent la ville et les édifices tremblants. Les hommes qui dansent la Debke (danse traditionnelle arabe) et chantent dans la ruelle et ces femmes qui marchent silencieusement vers le marché, le regard fixé sur leurs pas, posés sur le sol avec parcimonie.</p>
<p>Marchez des les allées labyrinthites pour quelques minutes de plus, passez les enfants qui courent, bientôt les maisons ancestrales vous entoureront, et vous passerez inévitablement l’âne qui tire une cargaison de légumes et son maître octogénaire qui boite à la traine. Derrière une porte de fer au deuxième tournant droit, cognez, cognez très fort. On vous ouvrira, et vous entrerez dans une vaste cour intérieure, en dichotomie parfaite avec l’atmosphère des ruelles de Sarouja. Vous y verrez une fontaine. Le premier étage de cette maison arabe ancestrale est d’architecture damasquine puis au-dessus, des chambres bagdadiennes furent ajoutées. Vous êtes chez moi, en fait chez la famille de Loaii qui me permet loger chez eux. Bienvenue.</p>
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