Kimaanya, Ouganda 2008
J’ai quitté Kimaanya. Hier matin, à mon départ, maman Sara m’a amené derrière la maison et m’a donné deux minuscules plants. Elle m’a dit “Lolo, plante cette pousse d’orangier et l’autre de manguier. Tu pars, mais ces arbres deviendront matures et lorsque nous mangerons des mangues et des oranges, nous penseront à toi. Ces fruits nous rapellerons notre Lolo.” Un instant plus tard, je me suis retrouvée à piocher et creuser le sol rocailleux à mains nues. J’espère que ces arbres prendront racines et nourriront ma famille.
Mes soeurs ont pleuré et ont refusé de se rendre à l’école.Leurs cris m’ont arraché le coeur. Partir et laisser la famille Matovu, c’est accepter de ne plus jamais avoir de nouvelles. Ces êtres généreux et dévoués sont complètement isolés du reste de la terre: pas de courrier, pas d’ordinateur, et aucun téléphone. Je ne saurai peut-être jamais si mes soeurs finiront l’école, si ma famille survivra au sida, à la malaria qui à cloué au lit la benjamine pour la dernière semaine. Je les ai embrassés, malgré leur évident embarras, pour faire face, encore une fois, à l’inconnu.
Dans le vieux bus aux fenêtres embuées par la sueur ambiante, j’ai senti une fine pluie frapper le toit du véhicule. Voici la fin de la saison sèche (En Afrique de l’Est il n’y a que deux saisons : la saison sèche et la saison humide.) Une joie profonde m’a soudainement envahie alors que les gouttes s’abattaient sur le toit rouillé avec de plus en plus de force. Près de 140 femmes ont construit des réservoirs pour la récolte de l’eau de pluie. Ces villages secs, ces femmes qui marchent des kilomètres pour ramener une eau boueuse et insalubre ne seront plus. Enfin, je l’espère. Je passais en revue les dernières semaines mentalement, je n’avais en tête que le commentaire d’une mère de famille : “Maintenant qu nous avons un réservoir d’eau, je suis beaucoup moins anxieuse. J’envoie mes filles au marais après l’école pour remplir des bidons d’eau. Mais souvent, elle reviennent tard et la nuit est déjà tombée. Plusieurs jeunes filles se sont fait violer ces dernières semaines, le soir, sur le chemin du marais. Ce réservoir protègera mes filles.”Évidemment, le projet n’est pas parfait, et creuser ces réservoirs demande beaucoup de travail physique, les veuves de 70 ans ont du mal à y arriver seules et elles n’ont pas les moyens d’engager quelqu’un, alors nous avons organisé des groupes d’entraide.
Tous les ateliers, sur la collection de l’eau de pluie, sur la salubrité et l’hygiène étaient suivis par un atelier sur le sida. Peu importe le sujet du regroupement dans le village, je considère que quelque rassemblement que ce soit est une opportunité pour parler de prévention et du sida. Alors qu’une travailleuse sociale que j’ai rencontré donnait l’atelier sur le sida, je distribuais des condoms à tous les villageois. Un homme prit la boîte et se mit à remplir ses poches, puis à remplir sa chemise de condoms, de telle sorte que l’homme maigre semblait avoir un ventre énorme. Il en mit dans ses poches de son pantalon, et finalement dans son chapeau. Je ne me suis pas opposée à cette démesure, car après tout, si c’est ce dont il a besoin pour éviter de propager son virus, qu’il prenne 500 préservatifs s’il le veut. Puis vers la fin de l’atelier, une grand-mère penché à 90 degrés sur sa canne s’est avancée vers le centre du cercle pour demander à la travailleuse sociale si elle avait des condoms féminins et poursuivit avec une dizaines d’autres questions. Moi qui pensais que les villageois seraient réticents à participer à l’atelier, je riais bien lorsque que ces femmes âgées se sont mis à discuter condoms féminins. Haaha
Je n’irai finalement pas escalader Kilimanjaro. En fait, les frais pour entrer dans le parc du Mont Kilimanjaro sont de 60$ par jour plus 60$ par nuit pour camper sur la montagne. L’excursion prend plus d’une semaine, et tous les profits vont dans les poches d’un gouvernement corrompu. Malgré ces frais exhorbitants, les touristes continuent d’affluer vers le parc pour atteindre le sommet de l’Afrique, et s’inquiètent peu de ces coûts. Je refuse de financer la coruption.
Je pars demain, vers l’île de Zanzibar. Cette île appartient à la Tanzanie mais fut possesion de l’Oman dans le passé. Les Sultans dirigèrent l’île pour longtemps et l’économie tournait autour de la vente d’esclaves et d’épices. Aujourd’hui les cavernes où les esclaves étaient emprisonnés sont toujours là et des flots turquoises viennent mourir sur des plages de corail blanc. J’irai faire de la plongée sous-marine et du vélo avec mon ami Mike sur ce petit paradis terrestre au parfums d’Indes et aux influences arabes.
Kimaanya était bleu cet après-midi là. Et le bleu du ciel au-dessus de mon village perdu absorbait la poussière qui montait. Tous les jours, ceux que j’ai rencontré dans les semaines précédentes se mettent à disparaitre. J’entends Mama Sara me dire
-Lolo, tu te souviens l’homme que tu es allé visiter à Kitovu avec ton père, tu as bercé ses enfants?
-Heu, oui, oui maman Sara
-Il est mort.
-Ha. Désolé. Il m’avait dit qu’il avait la malaria.
-C’était le sida mon enfant.
La conversation est souvent la même. Et puis, le sida est une honte, personne n’en parle, même mama Sara prononce le mot à mi-voix. On me dit –j’ai la malaria, la fièvre typhoïde. Mais presque qu’à tout coup, c’est le sida. Les sidéens sont dans chaque famille, couchés sur une paillasse dans le fond de la hutte en terre rougeâtre.
Enfin entre les annonces noires que je reçois de Mama Sara, la vie de famille et la vie de village m’enchantent toujours. Je suis une étrangère, mais il me semble que je plonge dans la culture baganda comme dans un bain chaud et que mes muscles se détendent et que j’oublie où je suis, éblouie par les danses et les plumes, la langue et les rires. Le matin venu, le thé au gingembre et les bains d’herbes du bébé embaument mes narines et me tirent du sommeil.
Je suis sur mes genoux dans notre compound-un petit carré de terre caché entre notre maison, la hutte trouée de Mama Namuga, l’enclos des poules et de vieux murs de pierre marqués par les balles (quelles balles, je l’ignore). Et je ne vois que le ciel. Le ciel bleu clair de Kimaanya. Imiraoni dans les bras, sa tête repose dans le creux de mon coude et de la main droite je fais tourner un chappatti qui baigne dans l’huile. La poêle bossée et noircie est posée sur une petite montagne de charbon dans une chaudière de métal. Le charbon crépite et m’enfume. Enfume le bébé aussi que je réemballe dans sa couverture et dont je cache le visage chocolat. Ma robe est tachée de boue, car je reviens du village où toute la journée les femmes en Gomez ont pioché. Les vêtements troués et sales même si on a tout juste tenté des les laver pendent au bout d’un fils qui traverse le compound et me volent à la figure. Le temps trotte à Kimaanya, et tout est lent, le vent, le pas des passant, le pouls d’Imiraoni.
En Ouganda, on mange rarement pour le goût, les orphelins qui rôdent près de notre compound vers l’heure du souper, vers les 11heures du soir, sont accueillis dans la maison, et mangent le plantain bouilli pour ne plus avoir faim et pour pouvoir dormir. Ils sont silencieux et s’agenouillent devant Mama Sara. Ils se faufilent par la porte une fois leur assiette vidée et j’aime croire que je ne sais pas où ils dorment, que quelqu’un doit les accueillir. Mais mon ignorance est fausse, je sais qu’ils dorment dans les buissons, sous le grand arbre…
La nuit ailleurs n’est pas la nuit. La nuit en Ouganda est réellement nuit, la faible lampe à l’huile éclaire à peine la pointe de mes pieds. Lorsque la lune n’est plus pour quelques crépuscules, les femmes et les hommes marchent et leur silhouettes se fondent dans l’obscurité.
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La meilleure amie de Mama Sara, Mama Castin accueille elle aussi une muzungu. Elle travaille avec Vision mondiale. Elle est américaine d’origine coréenne et se nomme Miri. Tous les habitants de Kimaanya l’appellent China. Pauvre Miri…Enfin, Miri est grande et élancée. En Ouganda, les femmes grasses sont considérées particulièrement attirantes, et c’est pourquoi Mama Sara tente de me gaver. Miri est mince et a peu de formes. Un soir Miri est venu nous visiter, et environ 20 voisins étaient assis sur les tapis africains collés les uns sur les autres dans la maison. Dès qu’elle s’en est allé, je les entendais murmurer que China est squelettique. C’est alors que la session de comparaison physique commença, et que les voisins se sont alors levés pour me donner chacun une petite tape sur le derrière et conclure que je suis comme une femme muganda, contrairement à Miri. Je n’ai pas trop apprécié leur compliment accompagné de vérifications, mais disons que les contacts physiques sont considérés différemment ici.
À Kampala, les magasins sont tapissés d’annonces du genre “prenez 20 livres en une semaine” ou “get fat, call 07781 56432”. Vraiment? Allons mesdemoiselles! Mangez de la pizza et de la crème glacée sans arrêt, c’est facile de prendre du poids…
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Les ateliers sur la collection de l’eau de pluie vont de train. Les femmes dans chaque village n’hésitent pas à relever leurs jupons et piocher la terre chaude pour construire les systèmes. Elles travaillent même beaucoup plus fort que les hommes et la semaine dernière, tous les jours, elles ont passé de 8 à 6 sous le soleil, leurs bébés emballés dans des couvertures à l’ombre, à creuser un énorme trou. Dans un des villages où j’ai donné un atelier travaille un Américain nommé Daniel. Lorsqu’il a vu le groupe de femmes piocher et couper des troncs d’eucalyptus pour récolter l’eau de pluie, il est venu mettre la main à la pâte. Afin, hier, je l’ai rencontré dans la ville de Masaka et il m’a dit : “Tout-le-monde au village veut se construire un système de collection de l’eau de pluie, comme l’exemple que vous avez construit le groupe de femmes et toi, mais on me demande de creuser et 5 fois par jour maintenant” Désolé Daniel…Mission accomplie! J’ai encore des ateliers jusqu’à la semaine prochaine et ensuite, mon temps à Masaka sera écoulé.
Mercredi dernier, vers 10 heures du matin, Mama Sara a donné naissance à un minuscule petit garçon. Ce même jour, je devais me rendre à un village éloigné de Masaka avec les instructeurs agricoles que j’ai engagé pour construire des systèmes de collection d’eau de pluie avec un groupe de femmes. J’avais décidé la veille de porter la robe traditionnelle; la Gomez, car les femmes qui vivent dans ces endroits isolés apprécient lorsque je porte les mêmes habits que leur tribu. Malheureusement, la Gomez est une robe aux épaules surélevées de 10 cm, très large avec quelques boutons sur la poitrine pour faciliter l’allaitement (dès mon retour au Canada, je vous inonderai de photos, je vous le promets). Sous cette robe, les femmes portent un tissu laineux serré autour de la taille et un jupon par-dessus. La robe ne permet que de faire de petits pas et de marcher très lentement. La veille, Mama Sara m’a dit qu’elle m’aiderait à mettre ma Gomez le lendemain, car je n’y arrive pas seule, pauvre blanche.
Vers 7 heures du soir, lorsque je suis revenue à la maison, j’ai trouvé un minuscule petit bébé dans les bras de Mama Sara, les yeux fermés, le cordon ombilical pendant. Mama Sara m’a dit qu’elle a commencé à sentir les contractions la veille, mais qu’elle ne pouvait pas dormir et qu’elle a prié toute la nuit qu’elle puisse m’aider à mettre ma Gomez avant de donner naissance. Elle m’a expliqué que les contractions étaient extrêmement douloureuses le matin lorsqu’elle m’a aidé à attacher la ceinture de ma robe et dès mon départ vers 9 heures du matin, mon oncle au boda-boda (vous vous souvenez, mon prétendant) est venu la chercher pour l’amener vers l’hôpital délabré de Masaka sur son boda rouillé (scooter). Elle ne m’a rien dit de cela, car elle savait que ce jour était important et qu’on m’attendait au village.
Le bébé dans les bras, elle m’a demandé de le nommer. Comme la famille est musulmane, j’ai voulu nommé le bébé Nasser, comme mon professeur d’Arabe palestinien en Caroline du Nord pour qui j’ai beaucoup de respect. Mama Sara m’a dit qu’elle était mariée à un Nasser et qu’il est décédé du Sida et qu’elle fut donnée à son frère; qui est maintenant le père de la famille. Elle craignait que nommer le bébé Nasser soit interprété comme un message à son mari présent qu’elle ne l’apprécie pas. Muette devant ce secret qui m’était révélé, je n’ai rien ajouté. Elle m’a aussitôt dit qu’elle nommerait le bébé Imiraoni, d’après une montagne en Arabie Saoudite, lieu faisant partie du pèlerinage vers la Mecque. Elle le nomme ainsi en espérant que son fils deviendra un Hadj, un homme qui aura suffisamment de moyens ce rendre à la Mecque.
Le lit de Mama Sara fut installé près de la porte d’entrée; la femme muganda qui vient de donner naissance doit rester 3 semaines près de l’entrée de la maison pour présenter son rejeton aux visiteurs. Les femmes pénétraient alors par dizaines ce soir là dans notre humble demeure balançant leur hanches et leur postérieur de gauche à droite et leurs bras vers le ciel jusqu’aux petites heures du matin, une danse traditionnelle pour accueillir le nouveau-né dans la tribu.
Mama Namuga est la voisine et vit dans une toute petite hutte de terre collée sur notre maison. Elle est âgée et accueille au moins 10 orphelins qu’elle empile sur des tapis africains le soir venu. Elle est celle qui cueille les herbes médicinales pour le voisinage. Tous les matins elle donne des bains au bébé dans une chaudière remplie d’herbes vertes foncé et presque bouillantes. Une fois le bain terminé, elle prend un peu du jus verdâtre dans la paume de sa main et abreuve le nourrisson.
Je chante du Carmen Campagne au bébé en espérant qu’il parle un jour français. Pour ceux qui connaissent mes talents en chant, je vous entends dire ″pauvre enfant″…Avoir une sœur autiste de 17 ans m’a appris beaucoup, incluant 17 ans de chansons pour enfants.
Enfin, presque arrivée à destination, le lac Bunyoni, un étendu d’eau d’une beauté phénoménale caché au fond de la jungle, je me sentais soulagée de pouvoir entamer la traversée du lac en canot avant la tombée de la nuit. Mais soudainement, alors que le vieux mini-bus japonais gravissait les dernières collines pour se rendre au quai du lac, une pluie inattendue en saison sèche se mis à s’abattre sur nos têtes. Devant nous la route poussiéreuse se transforma en une rivière boueuse et les roues de ce détritus d’autocar s’enfoncèrent dans les flots marécageux. Quelques minutes plus tard, je me suis retrouvée derrière l’autobus à pousser vainement, crottée jusqu’aux mollets. Dans le chaos, les villageois environnants éclataient de rire à la vue d’une femme muzungu (étrangère) au milieu de 10 hommes, forçant, les joues rougies, les gouttes de sueurs déferlant sur son front.
Après environ une heure, lorsque que le moteur se mit à ronronner et que les roues s’agrippèrent enfin à quelques roches, le véhicule pris son élan et monta la pente. Je réalisai alors que l’autobus ne s’arrêtait pas, et un instant plus tard, boueuse et essoufflée, je me mis à courir et grimper pour que ce fichu chauffeur m’attende. Après d’interminables enjambées, je me mis à frapper le pare-chocs arrière, toujours en mouvement, jusqu’à ce qu’on s’arrête enfin pour m’entasser au milieu de la chaleur odorante du véhicule bondé.
Traverser l’Ouganda signifie s’arrêter à tout moment, partager un siège avec deux autres passagers, avoir l’impression d’être dans un interminable manège, se sentir malade car la majorité de ceux qui conduisent ces autobus sont des chauffards et se faire déposer sur le bord d’une route perdue parce que le chauffeur n’avait pas mis suffisamment d’essence dans son bazou. Mon voyage se termine quelques fois derrière un vélo rouillé d’un jeune garçon qui passait par-là.
Le lac Bunyoni était magnifique. J’ai du passer plus d’une heure, assise devant un vieux pêcheur à pagayer dans un «dugout canoe» – il s’agit d’un énorme arbre dont on creusé le tronc- pour me rendre à une petite île au milieu du lac. J’ai alors passé quelques jours entourée de collines cultivées par étages comme celles du Népal partageant mon modeste lit dans une hutte avec quelques oiseaux exotiques faisant partie d’une des plus diverse et abondante population de volatiles en Afrique. Poisson frais et jus de fruits de la passion au menu. Mmmmm….
Lorsque je suis revenue à la maison dimanche soir, j’ai trouvée une petite fille mince et élancée adossée à ma porte de chambre. Elle devait avoir environ 10 ans. Je lui ai alors demandé son nom en Luganda. Mama Sara m’a expliqué que Sherati est la fille d’un grand-oncle dans un village éloignée. Elle a entendu dire qu’une Muzungu habitait chez les Matovu et elle est partie à pieds le samedi matin de son village pour arriver à notre demeure le samedi soir sans avoir mangé ni bu, pour voir la Muzungu. Elle a dormi avec mes frères et sœurs, et dimanche soir, à mon retour, elle m’attendait toujours. Je n’ai pas bien compris pourquoi elle avait marché pendant si longtemps pour voir une blanche, et je m’attendais à se qu’elle me demande de l’aider à payer ses frais de scolarité- requête que je reçois chaque jour-, mais elle ne m’adressa pas la parole. Lorsque je buvais mon thé ou que je me plongeais dans un bouquin avant d’aller dormir, chaque fois que je levais le regard, je voyais ses grands yeux couleur charbon m’épier, sans même la surprendre à cligner. Une moment elle caressa ma main, la tourna et retourna, la compara à la sienne et repris sa position initiale d’observation à mes côtés. Elle me suivi partout sur la pointe des pieds, dormi au pied de mon lit et reparti le lundi matin toujours en silence. Quelle mystérieuse jeune fille…
Merci pour vos commentaires!
L’Afrique, au premier regard, au premier contact, peut paraître chaotique. Mais sous le bruit ambiant des les bodas qui dévalent les routes à toute vitesse, des vendeurs qui se tiraillent les passants, ou des nombreuses radios porteuses de malheurs en zones de conflits, je trouve ma vie en Ouganda paisible.
Certains moments dans ma journée me plongent dans un confort profond. Cette quiétude que je ressens est peut-être due à l’accueil que je reçois partout. Je dois peut-être cet état à mes petites sœurs, Anisha et Sheila, et à mon petit frère Ponsiano qui viennent se recroqueviller en silence autour de moi lorsque je lis. Le soir, lorsque je n’arrive pas à trouver le sommeil, j’observe une traînée de lucioles sur mon plafond, qui s’illuminent par intermittence, et je m’imagine que ce sont de minuscules lumières de noël accrochées au-dessus de mon lit. À chaque fin de journée, à mon retour de mes escapades dans de lointains villages, les voisins, les tantes et les oncles, se réunissent à mon arrivée, et nous partageons un thé au gingembre sur des tapis africains (faits de feuilles de palmiers séchées et tressées) déposé sur l’herbe humide.
J’adore le rire de mama Sara. Elle secout la tête lâchement et soudainement le rire éclate. Ce rire me rassure lorsque je tente de m’intégrer maladroitement. Je ne connais pas beaucoup d’autres femmes mugandas (de la tribu de Baganda) qui rient autant que Mama Sara. Mama Sara a plusieurs enfants, et accueille des orphelins, elle fut donnée à son mari contre contribution financière à l’âge de 17 ans. Sa famille a beaucoup souffert et son père a participé à la guerre contre la Tanzanie, du temps d’Idi Amin Dada. Sur le visage foncé de Mama Sara, il n’y a aucune marque des longues nuits cachées près de la frontière avec la tanzanie, à fuir les soldats. Aucune ride ne nous indique le désespoir. Il n’y a que la lumière dans ses yeux. Lorsque je reviens un peu tard, à la brunante et que je tente de trouver mon chemin à tâtons vers ma demeure, le rire de Mama Sara résonne jusqu’à moi et m’oriente.
Et puis, à la maison, il y a les prières. Les plus jeunes sont les plus dévolues. Et après le thé, j’entend les petites voix fragiles répéter des «Allah wa Akbahr» dans un coin sombre de notre demeure où mes sœurs prient è l’unisson. Lorsque j’étais malade, allongée dans mon lit, les fines voix de mes jeunes sœurs chantaient des prières jour et nuit et imploraient Allah pour mon rétablissement. Et Sheila m’a rappelé, les yeux brillants, que ses prières m’ont guérit. Webale nnyo Sheila –Merci beaucoup-
En Luganda, le mot pour oui est «yee», pourtant, on ne le prononce que rarement. Les mugandas préfèrent de discrètes onomatopées pour communiquer. Les femmes saluent à genoux puis, le premier dit «mmmm» (comme on dirait mmmm c’est bon !) et l’autre répond «mmmmm» une note plus haute. Et après s’être mutuellement remercié (remercié pour aucune raison en particulière, il s’agit d’une forme de politesse) un interminable enchaînement de «mmmm» recommence et les individus ne se regardent jamais dans les yeux, pour faire preuve de modestie. Ces salutations prennent quelques minutes par personnes, et lorsque je visite un groupe de 50 femmes, les introductions prennent des heures.
Hourra !! J’ai reçu du financement pour mes projets avec les groupes de femmes. J’ai écrit une demande de financement que j’ai envoyé à FSD- foundation for sustainable development. 700$ pour que ces femmes puissent construire des systèmes pour récolter l’eau de pluie. 700$ peuvent paraître insignifiants mais ils permettront à 147 femmes de se construire un système, de pouvoir s’abreuver décemment (évidemment l’eau doit être bouillie), sans avoir à marcher plusieurs kilomètres pour se rendre au marais où l’eau est stagnante et insalubre. Elles peuvent utiliser l’eau pour leurs jardins et leur bétail et possiblement avoir accès à davantage de revenu qui leur permet de se rendre à la clinique pour sidéens !
Nze Namatovu Lolo, Mbeera mu Kimaanya, Ndeera ngambi
Je suis Lolo NaMatovu, j’habite à Kimaanya, et je suis du clan des antilopes
Comme le père à la maison est Matovu, je deviens, en tant que femme NaMatovu et j’hérite également de son clan.
** Tous les jours je me fais demander, Quels sont nos tribus au Canada…et je dois répondre que nous avons des tribus, qui étaient là avant la colonisation, mais que nous les avons mis dans des villages très pauvres et que les gens dans les villes ne savent pas qu’elles existent. Cette pensée les horrifie. Avec raison.
Ici les enfants qui ne sont pas désirés sont nombreux, trop nombreux. Hier, alors d’une visite d’un groupe de femmes à Kitenga, j’ai rencontré cette jeune femme qui est allée chercher son bébé dans cette petite hutte en terre. Voilà, normalement lorsque je rencontre des sidéens en phase terminale, des bébés gravement atteints par la malaria, je retient mon souffle, je leur souris, et je tente de ne pas leur rappeler la douleur qu’ils vivent chaque jour dans mon regard. Mais cette fois, c’était extrêmement difficile, ce bébé de moins d’un an était brûlé au troisième degré, 70% de la surface de son corps était en gales à cause des flammes. Ses yeux ont brûlé fermés, maintenant il peut les ouvrir un peu, mais il a totalement perdu la vue. Il n’a plus de doigts, plus d’orteils, et sa bouche est énorme comme figée au moment d’un cri, il ne peut la fermer. J’ai du retenir mon souffle très fort, garder les larmes, jamais un malade ne m’a tant touché, ce bébé que je tenais maintenant dans mes bras n’avait que très peu de caractéristiques humaines. La jeune mère a accouché de cet enfant d’un père inconnu et un soir qu’elle allait danser dans une discothèque elle laisse le bébé dormir, une chandelle à son chevet. La hutte prit en feu et les voisins allèrent la chercher à la discothèque. Elle amena le bébé brûlé à l’hôpital et retourna à la discothèque.
Go to the people, live with them, love them, learn from them. Start with what they know, build on what they have, and work with the leaders so when the work is done, people can say-We did this ourselves
Lao Tzu 700 BC
Et voilà, je crois que je sors peu à peu des multiples rencontres, des réflexions nocturnes, et que j’ai fini mon évaluation des besoins de la communauté pour enfin me concentrer sur un projet précis. Car, oui je suis venue ici pour travailler, même si ce blog a été destiné jusqu’ici à ma dite adaptation culturelle. La majorité des groupes de femmes ont reçu des ateliers avec Wotodev, sur l’agriculture organique, les pesticides, comment construire des jardins, comment faire pousser des herbes médicinales, des ateliers sur le sida, sur la malaria, etc.. Mais même si maintenant elles plus éduqués sur ces différents thèmes, ces veuves et mères sidéennes n’ont toujours pas le revenu nécessaire pour mettre en pratique leurs acquis. D’ailleurs, le seul moyen que ces femmes peuvent reprendre contrôle sur leur futur et être autonomes et fières c’est d’avoir leur propre revenu. Une fois qu’elles ont leur propre revenu, elles peuvent se rendre à la clinique de dépistage du VIH et payer la somme pour le traitement rétroviral. Il est donc essentiel de développer de nouvelles activités économiques pour ces groupes de femmes. Évidemment leurs maisons sont insalubres, elles s’effondrent, leurs jardins ne produisent pas assez de légumes, elles sont mal nourries. Mais si je leur trouve du ciment et des briques, les maisons seront réparées, mais dans 5 ans, elles n’auront toujours pas de moyen d’améliorer leurs conditions de vie par elles-mêmes. Si elles développent leur propre revenu, il s’agit davantage de développement durable.
Je suis donc en train de mettre sur pied une coopérative laitière. J’ai réuni trois groupes de femmes qui produisent du lait, et ensemble elles développent un système d’épargne et d’emprunts et vendent leur lait ensemble pour faire davantage de profit. Jusqu’ici l’épargne est destinée à acheter un réfrigérateur et un congélateur industriels, pour pouvoir vendre nos produits directement dans la ville de Masaka. J’ai trouvé un organisme qui nous donne un point de vente gratuitement près du marché. Je suis en train d’écrire un plan de mise en marché pour leur produits et je vais tenter d’obtenir un prêt dans une institution de micro finance avec les coordinatrices de ces trois groupes de femmes pour acheter le réfrigérateur et le congélateur. J’ai des rencontres avec le diocèse de Masaka qui a des fermiers spécialisés en produits dérivés du lait pour que ces femmes reçoivent des formations sur la préparation de yogourts et de crème glacée. Il n’y a pas vraiment de marché pour le fromage ici en Ouganda, et la production demande trop de lait pour nos débuts. Nous voilà!!! J’ai aussi trouvé un partenaire pour que ces femmes développent un système de collection de pluie pour abreuver leurs vaches, car elles vont chercher l’eau dans un marécage à quelques kilomètres de leurs fermes.
Voilà, souhaitez nous bonne chance!
Lorsque je ne suis pas sur le terrain pour rencontrer des groupes de femmes je suis au bureau de WOTODEV (Women together for development) ma vie de bureau est, disons, colorée. J’ai un petit bureau dont le voisin est occupé par un énorme ordinateur jaunie par le soleil et qui, évidemment, ne fonctionne pas. La fille de la secrétaire de WOTODEV semble vivre dans mon bureau et sa principale occupation est la torture des sauterelles. Elle leur arrache les pates et les ailes, pour ensuite les faire frire dans la poile. Le bureau de WOTODEV n’a droit qu’à la moitié de la pièce. On partage la salle avec une pharmacie miraculeuse. La femme qui porte chaque jour d’énorme fleurs de plastique dans sa haute coiffure, vend des herbes médicinales et autres potions de sorcière et l’affiche en face de son commerce invite les clients avec : “Health solutions; the African way”. Je n’ai malheureusement pas vu un seul client depuis deux semaines. Ce qui est plutôt décevant, car je la soupçonne de connaitre de fascinants sortilèges. Face à mon bureau, une quinzaine de conducteurs de boda-boda attendent des clients qui semblent plutôt rares. Ils me crient parfois quelques : “Muzungu, I want to mary you”, or “baby baby come on my boda-boda”. Les boda-bodas sont de vieux scooters, moyen de transport populaire partout en Ouganda. Ils sont également mon seul moyen de transport, et lorsque je visite les groupes de femmes avec ma coordinatrice, et oui, moyen financiers oblige, ma dite corpulente supérieure et moi prenons toutes les deux place sur le même vieux scooter rouillé, moi à cheval derrière le chauffeur, poussée vers l’avant. Nous grimpons les routes terreuses de l’Ouganda qui est plutôt montagneux à environ 2 km heure parfois, et je me dis que je ferais mieux de courir à côté.
Hier, ma mère d’accueil a décidé qu’on en avait fini de parader autour du village en Gomez, et que je devais me marier avant de quitter l’Ouganda. “Euh, Mama Sara, je ne crois pas que c’est une bonne idée”. Au contraire me répond-t-elle, et elle ajoute que son frère ferait un très bon mari pour moi. Je tente de la convaincre que je ne suis pas de la tribu de Baganda, que ce ne soit une bonne idée pour leur famille, vous savez une étrangère blablabla. De plus, je ne sais pas bien faire le lavage et la cuisine traditionelle, n’en parlons pas. Et puis, elle perd le fil de mes explications en anglais mélangé au peu de Luganda que je parle et va voir les poules derrière la maison. Quelques minutes plus tard, le dit frère est dans la maison, assis devant moi, souriant avec insistance. Je le salue, sans toutefois faire les grandes salutations agenouillées que toutes les femmes de la tribu de Baganda doivent faire pour leurs ainés ou tout homme qu’elles rencontrent. Il prend ma main dans ses mains, ne parle pas anglais, alors attent que je lui dise quelque chose en luganda. Cela m’arrive rarement, mais cette fois, je n’ai pas l’intention de converser et je me trouve dans une bien inconfortable position puisque je sais que le frère est là suite à la discussion concernant le mariage. Je décide donc de lire un roman, je lis, je lis, jusqu’à ce que son insistant sourire se fane et qu’il aille rejoindre Mama Sara sur le compound avec les poules. Mon dit futur mari est également un conducteur de Boda-Boda.
Dimanche dernier, je suis allée à la messe. Dire que je suis athée, ou peu pratiquante est extrêmement mal vu ici. Il semble que le mouvement born a gain christian batte son plein dans cette région de l’Ouganda, et innombrables sont ceux qui vous arrêtent dans la rue pour vous demander : “have you been saved?“Ce qui veut dire, êtes-vous un born again..Bref, j’ai dit a ma famille d’accueil que j’avais été élevée dans une famille catholique, ils m’ont donc demandé 10 fois le dimanche si j’avais repassé mes vêtements pour la messe et on demandé à tous les voisins catholiques de m’accompagner à l’église (ma famille d’accueil est musulmane). Me voilà donc, à genoux, dans cette église surpeuplée, et comme ils m’ont accompagné à la messe en anglais pour que je puisse comprendre, j’écoute ce prête philippin avec un accent américain faire des métaphores en espagnol du genre : “incarnation, from carne in spanish, which means flesh, which means god is in your flesh”, mais surtout répéter 10 fois que “humans are not rats, please remember humans are not rats“. Je n’ai jamais réellement compris ce qu’il essayait dire en criant tel un preacher du sud des États-Unis que les humains ne sont pas des rats, mais je devenais de plus en plus impatiente. La seule explication que je peux voir réside dans un certain symbolisme asiatique, ou le rat aurait signification particulière, symbole dont il a hérité de son enfance dans les Philippines. Pour dimanche prochain, j’ai préparé ma réponse pour Mama Sara : “Mama Sara, I pray in my heart, I don’t really have to go to church”.
Je vis dans le village de Kimaanya et je travaille à Masaka. Kimaanya est minuscule mais le nombre d’habitants est augmenté par la prison à haute sécurité qui trône au centre du village et tous les officiers en uniforme entourant les babelés, la carabine appuyé entre les jambes attendant un faux geste des prisonniers, ou une blanche qui passe derrière pour l’ennuyer un peu (la blanche étant souvent moi, comme je n’en ai rencontré aucune autre dans le village). Enfin, tous les matins quand je marche vers la ville, les prisonniers sont dans la cafétéria et jusqu’au fins fonds de Kimaanya on entend leurs chants résonner, les coups qu’ils donnent sur les tables de la cafétéria créent une mélodie de percussions tribale, et leurs voix sont si profondes, leur cris si vains un mercredi matin enfermé dans une prison perdue en Ouganda que pour le reste de la journée, ce chant désespéré résonne dans ma tête.
Je crois que la médication que je prends en prévention pour la malaria affecte mon imaginaire et plusieurs fois par nuit je me réveille en sueurs après d’absurdes cauchemars. À Masaka, on voit partout d’énormes oiseaux qui se nomment marabouts. Les marabouts mangent les déchets et leurs cris stridents font dresser les poils sur les bras. Voilà, je suis totalement terrifiée par ces bêtes qui font parfois 2 mètres de haut. Je les vois, je change de côté de la rue. Et chaque nuit, je rêve qu’un marabout se met à me picosser comme une vieille pile de poubelles et s’envole, m’emmenant dans son énorme bec. Ce cauchemar est ridicule, mais depuis deux semaines, il n’a pas encore cessé. Ces oiseaux de malheur me narguent chaque fois que je marche vers mon village, et tournoient au dessus de ma tête, si ça se trouve, ils me crient même des insultes dans la langue des marabouts. Maintenant que j’ai fait connaissance avec ces sales volatiles, l’expression québécoise être marabou, prend tout son sens. Je vous le dit, ça ne veut pas dire être déçu et faire la moue, mais être un ignoble oiseau charognard.
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J’ai réellement commencé à travailler avec Ugandan Women Together for Development (UWOTODEV). En réalité l’organisme supervise un réseau de groupes de femmes qui font de la microfinance et développement communautaire. Pour l’instant, je visite les groupes de femmes avec les responsables de mon organisme, j’observe leur système de prêts et d’investissements, leurs plantations et autres projets d’agriculture organique et durable, de développement d’activités économiques pour les veuves et de support financier pour les orphelins. Les femmes du groupe de Kitanga où j’ai passé la journée, ont toutes été testées pour le VIH, et comme les femmes qui font appel aux services de ces groupes sont généralement les plus désœuvrées, les veuves, celles qui sont malades, près de 100%du groupe s’est révélé séropositif. Une statistique assez poignante…
Enfin, hier, ma famille d’accueil m’a invité à me rendre au lac Nabugabo, où des milliers d’Ougandais dansent sur le bord du lac, boivent et nagent (mauvais mélange, je sais). Ce dimanche après-midi était vibrant, et pour ces Ougandais qui travaillent si fort et n’ont parfois que le dimanche de congé, tout le monde semblait bien se remettre du dur labeur de la semaine. Ils dansaient jusqu’à plus souffle, enivrés, sur les rythmes importés du Congo, au son de la pop en lingala. J’adore ces Ougandais qui travaillent dur à 2 ou 3 boulots parfois et font la fête jusqu’au matin, ils vivent, du moins qu’on puisse dire, intensément.
Me voila en Ouganda. J’ai aménagé dans ma famille. Premières impressions : je mange des criquets deux fois par jours. Les criquets sont considérés, en Ouganda, comme un encas dune grande délicatesse. Ils sont offerts aux invités comme marque de respect et gare à quiconque ose les refuser. Depuis quelques jours, je fais le tour des maisons du village car tout le monde m’invite et me tire par le bras. Je m’assoie sur des tapis au sol et je mange des criquets, par respect. Je crois que je ne les digère pas très bien, je ne vous donne pas plus d’explications sur ce sujet, mis a part du fait qu’il n’y a pas de toilette mais un trou.
Les enfants de la maison ont tous dormi avec moi, pour m’accueillir. Ils sont 7 enfants dont trois filles de 15, 16 et 17 ans, elles sont superbes, de vraies beautés africaines. Ici on rit beaucoup de moi, quand on me demande du tuer un poulet, d’aller chercher des bananes plantains, de nourrir les vaches ou d’autres taches qui me sont inconnues.
Ici tout le monde se nomme frère et sœur, ce qui me donne un peu de difficulté à comprendre les liens familiaux, mais ça m’est égal, car j’aime bien cette solidarité. Les voisins entrent et sortent de la maison, tirent sur mes cheveux en disant que je porte une perruque..Ha!
Enfin Masaka est plutôt pauvre, c’est réellement la ville la plus infectée par le sida dans tout l’Afrique et partout dans les rues on aperçoit ces hommes et ces femmes, à la peau abîmée, aux yeux injectes de sang, souvent ostracisés car le VIH est devenu apparent.
Ma famille a tenté de me donner un nom africain, mais c’etait le meme nom que deux filles dans la maison. J’ai donc opté pour le simple Lolo, mais le L et le R ont une prononciation similaire en Luganda, alors j’entends partout dans le village des Loulou, Lolo, Roro, Rourou… Enfin c’est mieux que le blanche!étrangère! (Muzungu en Luganda) auquel j’avais droit auparavant.
Bizou
Lolo, Rourou, whatever..
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